Kassaman binnazilat ilmahiqat..." le plus noir des crimes est celui qui consiste à obscurcir la conscience politique et d’égarer tout un peuple" d'Emile ZOLA

Kassaman binnazilat ilmahiqat..." le plus noir des crimes est celui qui consiste à obscurcir la conscience politique et d’égarer tout un peuple" d'Emile ZOLA

Le nom de ce blog est sans doute évocateur de notre "nachid el watani" tant décrié par le passé parce que, associé au pouvoir Algérien illégitime. Après des décennies de disettes. Je voudrais faire de cet espace, un coin où tous mes compatriotes et autres amoureux de libertés, de démocratie, ou tout simplement d'histoire pourraient s'exprimer librement. En ce sens, nous vous souhaitons la bienvenue. En hommage à Nacer Hachiche, repose en paix et à bientôt ! Pour garder le contact avec notre chère patrie : http://www.alger-presse.com/index.php/presse-fr


OU EST LA FEMME ALGERIENNE ? Par Mimi Massiva sur LeMatin DZ

Publié par The Algerian Speaker sur 24 Février 2015, 23:22pm

Catégories : #DEBATS A BATONS ROMPUS(hiwar bila houdoud)

On lui doit un minimum de respect quand même !
On lui doit un minimum de respect quand même !

A-t-elle été emmurée par ses frères d’armes en 1962 après la fête de l’Indépendance, injectée de la race humaine par le code de la famille de 1984 ou décapitée par le terrorisme des années 1990 ? Pour le maillon déjà faible de la société, un seul coup a dû suffire. Aujourd’hui, telle la pierre philosophale, on dit qu’elle existe, mais sans preuve à l’appui. Peut-on accuser le Système sans ingratitude alors que la majorité des étudiants sont des étudiantes et les réformettes "bouteflikiennes"du Code à la barbe des intégristes qui déjà à la naissance le jugeaient pas assez «déféminisé». Sans oublier le tapis rouge aux deux féministes des années post-1988 : Khalida Messaoudi et Louisa Hannoune. L’une, "femme debout" se revendiquant à 100% amazighe pour achever une culture millénaire en festival de troubadours importés à prix d’or le temps d’une chansonnette dans des villes "carnavalisées" en capitales-bidon. L’autre, travailleuse pavlovienne qui débuta en avocate des islamistes en prison pour finir pythie d’un dieu mort ou vif. Pas de grande perte. On est loin des Simone de Beauvoir des Nawal el Saadaoui et des Assia Djebar morte loin de sa chère Césarée, quasi-nobélisée par la complainte berbère des aïeules trahies : "Vaste est la prison qui m’écrase". C’est encore une ministre de la Culture, femme de culture, dit-on, qui boude les funérailles de celle qui a donné une visibilité mondiale à l’Algérienne cultivée. Auprès de Simone, il y avait Sartre. Nawal et Assia ont écrit plongées dans la solitude, l’indifférence voire hostilité des mères, des collègues masculins et l’exil des allergiques aux muselières. Place Tahrir au Caire, une jeune femme a lancé ce "Dégage !" : "Si ma mère avait manifesté pour moi, je ne serais pas là aujourd’hui à manifester pour ma fille." Cet inexorable retour à zéro schématise à lui seul la damnation du monde musulman. Alors que les questions prioritaires dans le reste du monde sont le chômage, le réchauffement climatique, le manque d’eau, le nucléaire, le hold-up des Banquiers, le prix du pétrole, le gaz de schiste, le sachet en plastique, la drogue, le cancer l’ébola,…l’homme arabe-arabisé soumis depuis des siècles à son calife, l’intermédiaire de Dieu, semble n’avoir qu’un seul souci : la femme. Qui à son tour, pour se protéger, domine le maillon fort, le fils. La fille ? Une faiblesse ajoutée à une autre. C’est grâce à leur père que Simone, Nawal et Assia entrèrent vivantes dans la légende. Le spécialiste des relations interfamiliales, Aldo Naouri explique : "Entre les filles et les mères circule une violence d’autant plus terrifiante qu’elle est souvent ignorée. Pourtant, non seulement elle conditionne la nature et le devenir de leurs liens, mais elle envahit l’univers affectif de toutes les femmes… L’amour maternel a son envers…la violence et la pression pour les filles, empêchées d’être elles-mêmes…". Une violence en chaîne qui ne laisse pas le temps à la réflexion... La femme n’est ni un vrai ni un faux problème, elle existe comme l’abeille. Aux dires des scientifiques, l’humanité ne survivra pas plus de 4 ans à la disparition de cet insecte menacé. Combien après la disparition de la femme ? Parce que jamais la femme n’a été si fatiguée, si poussée vers la sortie. Si on se réfère aux religions monothéistes Eve a été créée pour tenir compagnie à Adam. Si elle est responsable à 100% du péché originel, la logique aurait été de la remplacer par une créature plus fiable tel le savant qui rate son expérience à cause d’un produit raté. En les chassant tous les deux du Paradis, Dieu a prouvé qu’Il tenait Adam fautif à 50 %. Et si on tient les enfants responsables de la faute des parents, l’ADN transmise est la preuve de l’égalité biologique entre mère et père. On a posé à un petit garçon de 3 ans la question : «Tu as joué à la plage avec des garçons ou des filles ?» Il répliqua : "Je ne sais pas, ils étaient tous nus." L’école maternelle reste le seul endroit où le genre n’existe pas. Quant au ciel, il s’entête à produire du gâchis : des femmes pas assez écervelées et des hommes en pénurie de cervelle. L’immense gâchis de l’inné vire à l’acquis avec de la violence. Après avoir étudié 10000 ans d’histoire, dans son livre "Misère de l’histoire universelle" Douglass North (et ses coauteurs) lie la violence au rôle des institutions dans la pacification des rapports sociaux. La critique lui a reproché d’occulter les "aspects proprement politiques". Le sociologue Emile Durkheim ne voit aucune institution qui n’est pas instituée par la collectivité. Que représente une collectivité sans femmes quand c’est elles qui se révoltent les premières avec le principe du «rien à perdre». Dans son livre L’An V de la révolution algérienne, Frantz Fanon, le psychiatre et militant au sein du FLN, écrit que tout a commencé à l’intérieur des maisons. De notre passé amazigh, s’impose l’image de la reine Kahina seule et trahie par les siens. En Amérique, à l’ère des cow-boys, du temps où la première puissance mondiale n’était qu’un ramassis d’émigrés noyant leur nostalgie dans le vin, le jeu de cartes où on pendait à un arbre le tricheur et le voleur de chevaux, c’est les femmes qui ont donné le premier coup de pied à la fourmilière. Lasses de voir leur mari dépenser tout leur salaire dans des saloons, elles envahirent les rues des siècles avant que leurs descendantes ne fêtent le 8 mars. 25 ans avant Le Deuxième Sexe, les Egyptiennes sortirent dans les rues dévoilées pour protester contre le colonialisme anglais. 33 ans avant que les Algériennes ne jettent leur haïk pour fêter l’Indépendance. En 2015, en Algérie, on n’a plus rien à fêter, le voile est de retour importé lui aussi. Les usines qui fabriquaient le haïk blanc ont fermé comme les autres. La crise disait le philosophe Gramsci c’est quand le vieux ne veut pas mourir et que le neuf ne veut pas naître. La mort à l’algérienne c’est quand la vieille veut mourir ici et la neuve veut naitre ailleurs. Aujourd’hui, l’Algérienne a plus de points communs avec la Saoudienne descendante des Qoreichs qu’avec son aïeule amazighe. Bien sûr, aucune fatwa ne l’empêche, pour le moment, de conduire une voiture, mais combien sont-elles à en bénéficier ? A-t-elle un jour occupé les rues d’Alger pour demander le droit de conduire, le droit d’avoir 4 maris comme l’avait affirmé le FIS au soumet de sa gloire du temps où les mouvements féministes revendiquaient l’abrogation de la polygamie ? Avec l’argent du pétrole, le sabotage de l’école, le terrorisme et la corruption, cette dernière ne peut que prendre de l’ampleur. Même si 50% d’Algériennes ne trouvent pas de maris, le taux de natalité national se porte bien, en bonne voie pour fêter 1 million de naissances par an. Pourquoi font-elles tant d’enfants quand il n’y a aucune structure valable pour les accueillir ni dans la santé ni l’éducation ni la sécurité ni un espace naturel gratuit pour assurer des jeux si indispensables à une enfance épanouie ? Combien d’experts nous ont certifié que dès que la femme a accès à l’école, elle sera capable d’arracher ses droits, d’éduquer ses enfants et maitriser sa fécondité ? N’est-ce pas la preuve de sa disparition ? Aujourd’hui, émigrée en banlieue parisienne ou enracinée en banlieue algéroise, elle offre la même image étrange, absente. Ni l’intégration, ni l’indépendance n’ont pris. D’après une étude française, la femme maghrébine a cessé d’évoluer dans les années 90. Des événements majeurs avaient bouleversé le monde : l’écroulement du communisme et l’émergence de l’islamisme avec la bénédiction de l’Occident et des pétromonarchies. La France, malgré la loi de 1905, se mit à importer des imams radicaux et l’Algérie prenait de l’avance avec les ex-Afghans qui aiguisaient leurs couteaux en rang serrés derrière le FIS. Pendant que la Banque prenait le contrôle total de la planète appauvrissant la Française de souche (80 % des pauvres en France sont des femmes) et l’émigrée musulmane (plus de 80% d’origine algérienne) subissant en plus la «banque» des mollahs. On ne voit pas de choc de civilisations ni théorie du complot dans l’image souriante du couple Obama en Arabie Saoudite. Une réalité crève l’écran : même à l’extérieur des murs, la liberté des femmes est drôlement décorative. Dans son livre Les Bâtards de Voltaire, John Saul souligne la misogynie du néo-capitalisme : «… L’attitude de nos élites est encore plus méprisante vis-à-vis des femmes ... Elles symbolisaient l’irrationnel. Depuis la naissance de l’Age de Raison, les élites les ont toujours situées du côté des perdants…On commettrait par conséquent une grave erreur en pensant que notre société a possédé ou possède aujourd’hui suffisamment de souplesse pour autoriser une réelle participation des femmes. Elle s’est édifiée sur une période de près de 5 siècles sans se préoccuper des femmes.» Les élites du monde moderne et les seigneurs du monde arabe se rejoignent bien dans seul l’habit fait la différence entre la poupée Barbie et la poupée Fula. Avant que les banlieues de la République française ne produisent les djihadites pour la Syrie, elles ont d’abord accouché du mouvement «Ni putes ni Soumises» à la suite de la mort d’une jeune fille brûlée vive. En Turquie, les femmes s’emparent de la rue et des réseaux sociaux pour dénoncer le viol et le meurtre d’une étudiante et rejettent la faute au sexisme d’Erdogan. Ce Premier ministre qui fait tant fantasmer les politiciens arabes. Oubliant que le chef de l’AKP a hérité de la Turquie de Mustapha Kamal pour mieux la démolir. Il y arrivera puisque depuis qu’il est là, les assassinats de femmes ont explosé. On pense aux femmes de Hassi Messaoud, exilées loin de leur patelin pour nourrir leurs gosses, victimes du code de la famille, lynchées par des croyants bien remontés par un fonctionnaire de l’Etat, l’imam de la mosquée. Erdogan, descendant de la Sublime Porte, élu apparemment par 50 % de Turques serait bien inspiré de copier le Palais de l’ex-Dey d’Alger s’il veut conserver son trône. Au lieu de nous bombarder avec les feux des amours du «Harim el soltane» (harem du sultan) où les sultanes sont des ex esclaves ukrainiennes et la magnificence du sultan assurée par la razzia d’ex-enfants chrétiens, les janissaires. Mettre plutôt la main de fer dans le gant de velours et non l’inverse pour mieux les détraquer. «Ni Putes Ni Soumises», un mouvement qui a fait son temps dont la fondatrice a même fait partie d’un gouvernement de droite de la République. Aujourd’hui dans l’Affaire Carlton, il n’y a que des putes et des soumises puisque les filles de DSK, l’homme qui a dirigé le FMI et faillit être le président de France, ne sont plus désignées que par les termes de bétail et de marchandise. Pendant que l’horrible Daech vend les filles chrétiennes d’Irak et de Syrie au marché pour quelques dollars. Ironie du sort, en Arabie, seuls les hommes kurdes aidés par leurs femmes sont arrivés à tenir tête à Daech. Hélas, dans le butin de guerre des terroristes algériens, il n’y avait que des Algériennes au même pedigree. C’est pour cela que personne n’en parle, tout est oublié de gré ou de force, ce n’est qu’un simple cauchemar. L’amnésie est un traumatisme hautement protecteur. Les victimes chrétiennes ont à revendiquer le statut de martyres. Que peut revendiquer les victimes algériennes sinon la honte. Qui connaît leur nombre, on parle de 3000, 5000, 8000… ? À peine 2% de survivantes qui ont fini par se suicider, tomber dans la prostitution ou évaporées sans laisser de trace. Une honte qui finit en honte. Pourquoi remuer ce merdier ? La femme algérienne des années 90 a disparu dans l’indifférence en l’absence des caméras, des médias de tout intérêt social psychologique sans sépulture... Des faits : l’effondrement de toutes les certitudes et l’explosion du désormais plus rien n’a d’importance. On le voit dans la mort des mouvements féministes, la mort de tout mouvement sociétal à l’exception de celui qui remplit la panse et distrait à l’infini dans un désenchantement universel. De pression en pression, de traumatisme en traumatisme, le mental est atteint et quand ça dure des siècles, les gènes n’y échappent pas quelle que soit l’espèce. Les Japonais taillent les branches de leur bonsaï. Ce végétal a fini par s’habituer à sa petitesse par amour. Dans une réserve d’Afrique du Sud en 1980, des biologistes ont assisté impuissants à l’extermination des antilopes koudous à longues cornes torsadées. Ils mirent 2 ans à découvrir l’assassin. Ces animaux se nourrissaient habituellement de feuilles d’acacias loin de tout prédateur. Ils se mirent à se multiplier jusqu’à cet été fatidique. Elles mouraient l’une après l’autre parce que les acacias menacés de disparition se mirent à empoisonner leurs feuilles. Le plus étonnant c’est que même les arbres à l’extérieur de la réserve se sont mis à faire de même. Si un végétal est capable de reconfigurer son ADN pourquoi pas l’être humain. Dans son livre, une Femme en Colère, Wassila Tamzali écrit : "Ces sociétés, à peines sorties des années sombres du colonialisme, ont été plongées dans celles du ressentiment vis-à-vis de l’Occident et des valeurs occidentales, en particulier féministes qui se trouve au cœur de la guerres des cultures…l’identité "femme musulmane" puise sa définition dans la mémoire coloniale et la passion de l’Islam. C’est une identité verrouillée…comme toutes les identités verrouillées, pourrait bien être une forteresse vide." Si le vide existe, il ne risque pas de reproduire son contraire. "Une femme a pour fonction la reproduction de musulmans. Si elle renonce à ce rôle, elle subversive l’ordre de Dieu et tarit la source de l’Islam» martelait, Ali Belhadj La magistrate Leila Aslaoui de répliquer : "Je ne veux pas être une femme coupée en rondelles : la femme de la Constitution, la femme au travail et la femme du Code de la Famille. Je veux être une femme à part entière." À quelques jours du 8 mars 2015, le féminin va se fêter comme d’habitude avec des fleurs en plastique si nécessaire, des gâteaux au glucose et un discours officiel pour s’assurer que le troupeau est bien dans l’enclos réservé. Pauvres Tunisiennes qui se disent bien vigilantes alors que leurs djihadistes formés dans les prisons tunisiennes par des associations islamistes, graciés par l’ex-président Marzouki, sont toujours à s’entrainer en Irak et en Syrie ; à quand le retour ? Les Algériens, partis libérer les Afghanes du communisme, sont revenus pour libérer à leur manière les Algériennes d’un féminisme en gestation. Le leader du FIS n’a pas été plus original que Boumediene s’adressant aux lycéennes de Hassiba Ben Bouali un 3 juillet 1969 pour les féliciter de leurs résultats scolaires qui feront d’elles des mères capables de former des hommes forts, assumant leurs responsabilités vis-à-vis de l’Etat et de la Nation. À aucun moment de son règne, le Raïs de l’Etat, le zaïm de la Nation n’a pris la parole un 8 mars. Convaincu que seule la mort de la femme donnera vie à la mère. Malheureusement, l’Algérie n’a pas réussi à faire des mères capables d’engendrer des hommes forts et responsables. On conclut que la mère et la femme ont fini par s’entretuer. Le moudjahid historien et anthropologue algérien, Mahfoud Bennoune, s’est demandé dans le livre "Les Algériennes" comment connaitre la capacité des femmes si on ne les utilise que pour la procréation. Déjà au XII le grand philosophe Ibn Rushd (Averroès) rend la subordination et la claustration des femmes responsables de la stagnation des pays musulmans. Maudit par les musulmans, sauvé avec son œuvre par les Juifs. "Frères taciturnes qui s’emmurent dans l’ensevelissement imposé aux corps femelles", se lamentait Assia Djebar. Un ensevelissement imposé par ce qu’on appelle la tradition et réactivé à distance par l’Arabie Saoudite où un prédicateur vient de réinventer l’astrophysique pour ses étudiants : "… la Terre est stationnaire ne bouge pas…Non, la Terre ne tourne pas autour du Soleil..." Où est la femme algérienne ? Sans trop remonter l’Histoire, elle a existé en se battant en vain contre l’adoption en catimini du code de l’infamie. Survivante et poursuivie par la même malchance, elle a existé avec "20 ans barakat". Et durant un printemps algérien qui cherche toujours sa date de naissance : 1980 ? 1988 ? 2011 ? Ou la fin du monde ? Ouf, elle renaît à In Salah, pas pour revendiquer des droits, encore moins pour avoir sa part de pétrodollars. Simplement pour protéger sa progéniture de la pollution des pétroliers. Si on fermait les puits du gaz de schiste, elle retournerait à son désert, promis juré. "Aïcha, ta sœur est dans le puits.- Aïcha, ta sœur est dans le puits.- Elle ne peut rien pour toi.- Dieu soit avec elle et avec toi !

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